Cela ne faisait pas partie de mes plans ou de mes envies, de faire un voyage en solo. Un week-end ou quelques jours par-ci par-là, pourquoi pas, mais durant deux semaines ? Non, vraiment, et même si j’avais imaginé me lancer un tel défi, il y avait un petit truc en moi qui me faisait penser que, de toute manière, je n’en étais pas capable. Deux semaines seule ? Moi qui adore parler, partager, échanger, raconter des histoires, m’émerveiller devant une vieille pierre et partager mes émotions avec les autres ? Je ne pourrais pas. Je tournerais en rond en plus de perdre la boule et de me perdre vraiment, parce qu’il semblerait – à ce qu’on m’a laissé comprendre – que mon sens de l’orientation est très très moyen. Et puis, moi trouillard comme je suis, tellement habituée à voyager avec mon bus, qu’est-ce que je vais faire toute seule ? Rentrer tous les soirs à mon hôtel à 17h avant le coucher du soleil ? Bref. J’étais bourrée de peurs et de croyances limitantes que j’ai finalement réussi à dépasser ! Oui oui, je vous raconte !
Voilà. J’ai la phobie de l’avion. Pas une peur de l’avion, une bonne grosse phobie. D’ailleurs quand j’en entends un qui fait bien du bruit, je me recroqueville sur moi-même, les mains sur la tête… Alors, autant vous dire que, quand le printemps dernier ma petite famille a émis le souhait de s’envoler vers l’Asie pour les vacances d’été, pour moi, c’était totalement impensable de les accompagner. J’espérais qu’ils changeraient d’idée, qu’ils n’auraient pas à cœur de me laisser seule, mais, au fil des semaines, leur projet prenait forme et moi, je restais sur le côté, larguée et triste de ne pas faire partie de leurs plans. J’ai vite compris qu’il me serait très difficile de rester à la maison sans eux, alors qu’ils vivraient d’incroyables aventures, ensemble, sous le ciel indonésien.
Bref, c’était inimaginable. Tellement inimaginable que cela m’a fait réfléchir à mes envies, à un rêve que je souhaitais réaliser, à quelque chose que j’aurais aimé faire une fois, même seule. Cela m’a ouvert des portes, des possibilités, je me suis sentie requinquée et motivée. Pour m’aider à passer un cap, celui de la réalisation de ce projet, j’en ai parlé autour de moi, à des ami.e.s et à des proches et une fois que j’avais mis d’autres personnes dans la confidence, je n’avais plus trop le choix. Je devais partir. Alors, petit à petit, j’ai monté mon propre voyage et je suis parvenue à faire de cette situation déstabilisante un projet incroyablement enrichissant, bien que totalement effrayant.
Pourquoi j’ai « choisi » le voyage solo ?
C’est vrai ça, pourquoi ? Moi qui adore partager et échanger ? Alors que l’idée d’un voyage germait dans ma petite tête, j’ai vite réalisé que j’avais besoin de temps pour moi, de temps à moi. Partir seule est donc vite devenu une évidence, comme si me retrouver sans ma famille pour les vacances ne suffisait pas, je ressentais le besoin de me prouver que j’étais capable de plus encore. Ou alors était-ce un peu de fierté bien cachée qui refaisait surface ? Toujours est-il que petit à petit, j’ai réussi à voir dans cette idée de voyage une possibilité de dépasser mes peurs, de me prouver que je pouvais vivre une aventure, moi, seule avec moi-même, pour me recentrer, pour (re)apprendre à me connaître, pour écouter mes envies, ce dont j’ai besoin, réellement, à l’instant présent, sans devoir tenir compte des autres. Grand défi quand on est Maman depuis 18 ans …
Pourquoi partir avec un pass Interrail ?
Premièrement, vous l’avez compris, parce que prendre l’avion n’était pas une option. Deuxièmement, je ne me voyais pas partir avec notre VW T6 durant deux semaines et conduire des heures durant, toute seule. J’ai bien exploré la possibilité de partager le trajet, de voyager avec d’autres femmes en van également, mais après de nombreuses réflexions, j’ai réalisé que j’avais besoin de voir les paysages, les lieux que je traverserais, que j’avais envie de vivre ce voyage à fond et de profiter au maximum de cette expérience. Partir en train était donc la meilleure option et le Pass Interrail, LA solution pour voyager dans plusieurs pays en toute liberté et, qui plus est, à un prix hyper intéressant.
J’ai opté pour un Pass 7 jours, en 1ère classe … au vu du nombre d’heures que j’allais passer dans ces trains, j’ai mis la priorité sur le confort. Alors oui, pour définir le type de passe dont j’avais besoin, il m’a fallu planifier, compter mes jours de trajet, faire un petit tableau avec les horaires et tout et tout pour ensuite pouvoir, si nécessaire, réserver mes sièges. En effet, cela est indipensable dans certains pays ou sur certaines lignes.
Je n’ai pas l’habitude d’organiser mes vacances – c’est pour cela qu’on a un combi – mais pour un premier voyage en solo, c’était plutôt rassurant de savoir où j’allais, et quand. Cependant, afin de rester à l’écoute de mes envie et de mes besoins, j’ai fait attention de pouvoir modifier mes diverses réservations jusqu’au dernier moment.
Le choix de la destination
Cela fait quelques années que je suis très attirée par les pays nordiques. Les fjords, les grands espaces norvégiens et le jour qui ne s’endort presque jamais me faisaient de l’œil depuis pas mal de temps, alors qu’un voyage au Danemark il y a quelques années ans m’avait tellement enchantée que j’avais, depuis, toujours eu envie d’y retourner. Et puis, j’avais besoin, pour cette première expérience en solo, de me sentir bien, en sécurité, un peu comme dans un cocon. Je savais que je trouverais ça, là-bas. Avec la déco hygge, les petits cafés tellement jolis, de la nourriture incroyable (si, si !) et des saveurs subtiles, des fraises à tomber, de petits hôtels accueillants et design, des bâtiments à l’architecture incroyable, c’était juste ce qu’il me fallait.
Je pense qu’il est en effet super important, quand on part seule pour la première fois, d’aller dans un endroit qui nous attire mais surtout, dans un endroit où on va se sentir bien. Enfin, le fait que la nuit ne tombe jamais vraiment était aussi super rassurant pour moi. Pouvoir aller manger au resto sans devoir rentrer avant qu’il ne fasse trop sombre, je trouve ça hyper agréable et surtout, cela m’offrait plus de liberté.
Enfin, mangeant sans gluten depuis 2 ans, il était important pour moi de voyager dans des pays « gluten free friendly ». Cela m’évite pas mal de tracas. J’ai donc fait quelques recherches sur internet et clairement, partir au Danemark et en Norvège était un excellent choix, aussi pour ça !
Mes conseils pour un voyage en solo en toute sécurité
Ci-dessous, vous trouverez une liste de conseils. Bien entendu, tous ne vous parleront pas, mais je vous en fais tout de même part. Et si vous en avez d’autres à ajouter, n’hésitez pas à me les transmettre en commentaire ou par email à contact@lesbatoilles.ch. Merci !
- Planifier c’est super bien, mais laisser de la place à l’imprévu, c’est important ! Ayez une idée générale de votre itinéraire, réservez vos logements, si c’est nécessaire ou si cela vous rassure, mais restez flexible. Par exemple, j’avais vérifié que mes billets de train étaient modifiables ou annulables tout comme mes hôtels d’ailleurs, et j’ai bien fait ! À Oslo, à 2h du mat’, je réservais un autre hôtel pour les nuits suivantes. Celui que j’avais choisi était hyper bruyant, blindé de gens, et la chambre était oppressante et une odeur bizarre et tenace flottait dans l’air. La suivante était juste le top, rassurante et confortable. J’ai écouté mon instinct et j’ai bien fait ! Le lendemain je me bloquais le dos et j’étais ravie de pouvoir me poser dans un endroit agréable. Ce qui nous amène au conseil suivant …
- Choisissez des logements sûrs et qui vous correspondent en privilégiant des hôtels, auberges de jeunesse ou logements bien notés. Il est important de se sentir bien pour dormir correctement, se reposer et profiter à fond du voyage !
- Informez vos proches de vos projets et partagez votre itinéraire ! Pour cela vous pouvez utiliser l’app Polarstep qui vous permet de montrer où vous êtes, tout en créant et partageant votre journal de voyage avec les gens que vous souhaitez.
- Faites confiance à votre instinct et ne vous forcez pas si une situation vous semble inconfortable, ou partez si le lieu ne vous inspire pas confiance. Votre instinct est votre allié, dans la vie de tous les jours bien sûr, mais en voyage solo encore plus !
- Ayez toujours un livre ou un carnet avec vous ! Ils vous permettront de vous sentir moins seule, de vous occuper si vous en éprouvez le besoin ou d’occuper vos mains et votre esprit si vous n’êtes pas à l’aise lors d’un trajet en train ou d’un repas au resto. Profitez de vous octroyer enfin ces petits moments de créativité (écriture, journaling, aquarelle, dessin, lecture, etc.) ou d’introspection que vous attendez peut-être depuis longtemps !
- Quand vous arrivez dans un restaurant, n’attendez pas qu’on vous demande combien vous êtes. J’ai, en effet, trouvé bien plus facile d’arriver et de dire « Bonjour, j’aimerais une table rien que pour moi » plutôt que de devoir répondre à la questoin « Vous êtes combien ? ». Mais c’est personnel, bien entendu !
- Si vous avez un coup de blues, appelez quelqu’un sur qui vous pouvez compter ou engagez la discussion avec votre voisin de train ou d’apéro ! Ça fait un bien fou, je vous assure ! Et si vous vous sentez trop seule, vous pouvez aussi rejoindre une activité de groupe, cela se fait dans de nombreuses villes. À Copenhague, par exemple, je voulais faire un cours de photo de quelques heures afin de visiter la ville différemment. Celui-ci étant plein, j’ai opté pour un cours de linogravure qui m’a permis de découvrir une nouvelle activité créative tout en rencontrant des gens sympas et un quartier que je n’avais pas encore visité. Génial, non ?
- Si vous arrivez tard dans une ville et que les restaurants sont déjà fermés – dans les pays du Nord ils ferment relativement tôt – pensez aux restaurants et bars d’hôtels ! Il est souvent possible d’y manger tard ou en tout cas d’y prendre un en-cas, avec un bon verre de vin 🙂
- Ne vous demandez JAMAIS ce que pensent les autres de vous ! Vivez ce que vous avez besoin et envie de vivre, et que les autres aillent se faire f******* !!! D’ailleurs si, au resto, d’autres client.e.s vous regardent, c’est sûrement parce qu’ils sont super jaloux de vous voir vivre votre best life, libre et heureuse, pendant qu’eux doivent se coltiner un souper avec leurs beaux-parents ou leurs collègues !
Ce que j’ai appris de cette expérience
Voyager en solo pour la première fois était une véritable leçon de vie. Cela m’a permis de me découvrir, d’apprécier ma propre compagnie et de réaliser que je suis capable de beaucoup plus que je ne l’imaginais : j’ai planifié mon voyage, réservé mes hôtels, j’ai mangé plein de fois au restaurant toute seule, j’ai bu l’apéro dans des bars, j’ai visité des musées, je ne me suis pas perdue, je me suis démerdé en anglais, j’ai changé mes plans pour écouter mes envies, j’ai géré les retards des trains en Allemagne, j’ai rencontré des gens, j’ai refusé une invitation à manger parce que je n’en avais juste pas envie à ce moment-là, j’ai pris des trains, des bateaux, des ferrys, des vélos, j’ai marché, beaucoup marché, j’ai été voir un concert, un spectacle à l’Opéra, j’ai fait un atelier de linogravure, j’ai surmonté ma peur du vide et de la hauteur pour découvrir l’incroyable la vue depuis le dernier étage du Musée Munch à Oslo.
Bon, je ne vais pas vous le cacher, il y a aussi eu des moments difficiles. Des petits, ou des plus grands coups de blues, à l’heure de l’apéro ou quand j’ai quitté Copenhague pour monter à Oslo. Mais mes parents et aussi des potes ont été là, elles/ils m’ont soutenu.e.s par téléphone, via what’s app ou les réseaux sociaux et toutes ces belles marques d’amitié et d’amour me sont allées droit au cœur et m’ont permis de relever ce défi. Avant et pendant. (Merci à elles et eux pour tout, vous êtes fantastiques, j’ai de la chance de vous avoir dans ma vie ! cœur cœur cœur)
Enfin, oui, aujourd’hui je peux le dire, je suis fière. Je suis fière d’avoir fait tout cela et bien plus encore. D’ailleurs, je pense que je ne suis plus tout à fait la même ! J’ai gagné en confiance, j’ai tordu le cou à certaines de mes croyances limitantes et j’ai osé aller vers les gens, engager des conversations, faire fi du regard des autres. Ce voyage en solo m’a fait un bien fou, aux jambes avec tout ce que j’ai marché, mais surtout à la tête et au cœur ! Alors oui, aujourd’hui je peux le dire, se lancer dans un voyage solo, par choix ou non, est une expérience incroyable et transformante, c’est une expérience de fou, de dingue, de malade ! Et si après que je vous aie raconté tout ça vous hésitez encore, n’oubliez pas : le plus dur est de franchir le premier pas !
Je vous souhaite de belles aventures, en solo ou pas, et surtout, n’hésitez pas à les partager avec moi en commentaire !

Val
Bienvenue !
Ce site est avant tout un lieu d’expressoin et de partage. J’ai le plaisir de vous y parler de cuisine, de vous y chuchoter quelques adresses coup de coeur, de vous y présenter quelques unes de mes passions ou encore d’y inviter des gens intéressants et qui ont des choses dingues à partager. J’espère que cela vous plaira !