Pour l’écriture de cet article, j’ai demandé à mon fils pourquoi, parfois, il mange alors qu’il n’a pas faim : « Parce que, des fois, il y a des trucs qui me font envie ! » m’a-t-il répondu. En bon pré-ado qu’il est, il n’a pas souhaité développer le sujet (i.e. il m’a envoyée bouler), mais il m’est facile d’imaginer quelles choses lui font envie, car je suis soumise aux mêmes conditions : bonbons proposés par une amie, dégustation de fajitas au supermarché, pop-corn au cinéma, barres chocolatées bien en vue à la caisse de la station d’essence… Autant de situations qui nous amènent à manger, alors que nous n’avons pas forcément faim. Mais pourquoi mange-t-on quand même ?
Il peut y avoir plusieurs raisons :
- Le plaisir, par la libération de dopamine, qu’on se souvient avoir éprouvé en mangeant du chocolat ou des bonbons se rappelle à notre bon souvenir et nous pousse à recommencer ;
- Les émotions : le stress, l’anxiété et la colère vont nous faire chercher l’apaisement par le sucre ;
- Les habitudes et automatismes : le grignotage devant la télé, le dessert systématique après les repas ;
- Les stimulations externes : les odeurs en passant devant une boulangerie, la publicité, voir les autres manger ;
- La restriction : plus on se prive, plus on risque de craquer ;
- La récompense : se dire qu’on a bien mérité une pâtisserie après un effort !
Et il faut aussi prendre en compte l’aspect social et sociétal : quand on va boire un café dans un bar, un biscuit ou un petit chocolat est parfois glissé juste à côté de la cuillère, et il est bien difficile de ne pas craquer.
Que se passe-t-il alors dans le corps ? Même sans faim, une fois la nourriture ingérée, le corps traite cette prise alimentaire comme un vrai repas : l’insuline est libérée en réponse à la glycémie (surtout si cette prise alimentaire est riche en glucides), et, en l’absence de besoin énergétique immédiat, le corps va stocker l’excédent, souvent sous forme de graisse. De plus, le foie, les muscles et les tissus adipeux sont mobilisés pour gérer ce surplus. Au-delà de la prise de poids que cela engendre, l’organisme met en marche ses organes de façon inutile et se fatigue.
Ceci n’est pas grave en soi et il n’y a pas de raison de culpabiliser, pour autant que ce grignotage reste ponctuel. Cela peut être, chez les femmes spécifiquement, les effets des variations hormonales à un moment précis du cycle. Toutefois, si ce grignotage devient quotidien ou est ressenti comme une perte totale de contrôle, il y a lieu de se poser quelques questions :
- Ai-je vraiment faim ou juste envie de manger ?
- Quelle est l’émotion que je ressens en ce moment ?
- Est-ce que manger va résoudre mon problème ?
- Mes repas sont-ils suffisamment nutritifs ?
- Suis-je en manque de certains nutriments ?
Il est important de garder à l’esprit que dans notre société, on ne mange pas QUE pour se nourrir et c’est totalement humain. Mais si vous avez l’impression de perdre le contrôle, de ne pas pouvoir résister à ces envies de manger alors que la faim n’est pas présente, sachez que vous n’êtes pas seul⋅e et que des professionnels de l’alimentation et de la nutrition existent. Un bilan nutritionnel peut être réalisé, voire une prise de sang si une carence est suspectée.
Prenez soin de vous et de votre assiette !

Nutritionniste agréée ASCA et RME à Bulle et Vaulruz
www.nutrize.ch
Sophie Rigolet
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Ce site est avant tout un lieu d’expressoin et de partage. J’ai le plaisir de vous y parler de cuisine, de vous y chuchoter quelques adresses coup de coeur, de vous y présenter quelques unes de mes passions ou encore d’y inviter des gens intéressants et qui ont des choses dingues à partager. J’espère que cela vous plaira !